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Etude, promotion et sauvegarde du patrimoine de la province de Soule en Pays Basque, de la préhistoire à nos jours

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Tardets dans l’association « Bastide 64 »

réunion bastide 27 mai 2016Vendredi 27 mai à, devant une quarantaine de personnes réunies à la salle Etxahun, Arnaud Villeneuve maire de Tardets a annoncé l’adhésion prochaine de sa commune à l’association « bastide 64 ». La réunion s’est poursuivie par une évocation du contexte historique de la création des villes neuves et bastides aux XIIIe et XIVe siècles, puis une présentation des arguments en faveur de l’adhésion. C’est toute une équipe qui s’est mobilisée pour monter un dossier de candidature convaincant. Et notre association est fière d’y avoir participé.

L’adhésion à « Bastide 64 » est non seulement un heureux aboutissement de cet important travail de recherche. Il constitue une reconnaissance de la valeur du patrimoine historique et architectural de Tardets, de la capacité de son équipe municipale et des habitants à défendre des projets collectifs. Monsieur le Maire nous a expliqué quels avantages la commune pouvait en retirer pour sa notoriété touristique, pour le dynamisme des commerces et des services.

On a pas fini d’entendre parler de Tardets, puisque c’est cette commune qui organise cette année la pastorale.

A lire pour aller plus loin : le contexte historique : villeneuves et bastides aux XIIIe et XIV par Robert Elissondo ;

les arguments de Tardets pour une adhésion à « Bastides 64 »

Mauléon est-elle un bastide : les éléments du débat présentés par Joël Larroque

 

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Connaissez-vous Etchebar?

Etchebar est la pluEtxebarre 1 réduits petite commune de Soule et du Pays basque par sa population. Son territoire se limite à une petite vallée où coule un affluent du gave Uhaitza. Dans cette espace réduit, l’agriculture continue à entretenir un paysage varié. Les vestiges de plusieurs enceintes fortifiées, d’exploitations minières, une riche toponymie, montrent l’ancienneté et la diversité des formes de l’occupation humaine. C’est ce que nous avons pu découvrir dans notre dernière exposition « Terre de Soule » grâce à une maquette réalisée par Denis Cassard avec le concours d’Allande Socarros.

Voir l’article d’Allande Socarros (basque et français)

Aussurucq, son château et la famille de Ruthie

Aussurucq vue généraleCette année, pendant les journées du Patrimoine, notre association était présente à Aussurucq. L’occasion pour beaucoup d’entre nous de découvrir ce village. A la fin du XIVe siècle, quand a été rédigé le Censier gothique, c’était un des plus peuplés de Soule. Et beaucoup de ces maisons étaient sous la dépendance de la maison noble de Ruthie ou Urruti. Aujourd’hui encore le village semble serré autour de cette grande demeure aux allures de forteresse. C’est une disposition rare au Pays basque nord.  Les seigneurs de Ruthie avaient acquis fortune et puissance en servant fidèlement les rois de France tout long des XVe et XVIe siècle. C’est cette histoire qu’a racontée Joël Larroque, en nous faisant parcourir les abords de l’édifice et ses différentes pièces.

Lire l’article de Joël Larroque : Le Château de Ruthie à Aussurucq et ses seigneurs.

Voici le commentaire de Joan Peiroton sur l’origine du nom Ruthie.

La Soule des « Elge » dans la moyenne vallée du gave Uhaitza

On associe habituellement le Pays basque à un paysage verdoyant de collines, de montagnes et de fermes dispersées. Or une partie de la Soule ne correspond pas à cette image. Entre Mauléon et Tardets, sur les territoires des communes de  Gotein-Libarrenx, Menditte, Idaux Mendy, Sauguis, la vallée du gave s’élargit jusqu’à former une petite « plaine ». Ce paysage est typiquement un « openfield » semblable à ceux que les géographes décrivent dans le bassin parisien ou en Alsace. Il supposait autrefois des pratiques villageoises et agricoles bien différentes des terres d’habitat dispersé ou de montagne.

C’est un des grands mérites du dernier livre de Philippe Etchegoyhen de révéler cet aspect de la culture rurale en Soule qui n’avait été que très peu étudié jusque là. Son livre Mémoires souletines paru aux éditions elkar en 2011 mêle des souvenirs personnels à des réflexions générales sur cette petite partie de la vallée ou il a passé son enfance, et où il vit aujourd’hui une retraite active.

L’extrait que nous proposons ici avec l’aimable autorisation de l’auteur explique le système des Elge : parties du terroir ouvertes et labourées et protégées par des enclos collectifs. Il entre dans le thème sur lequel notre association est en train de travailler-les paysages souletins-en vue d’une prochaine exposition.

Voir l’extrait du livre

A paraître prochainement le tome 2 de Mémoires souletines consacré à la vie pastorale.

Les usurpateurs d’Arangorena

Sur le territoire d’Ordiarp, Arangorena est le quartier le plus éloigné du village. Au pied du versant nord du massif des Arbailles, couvert de sombres forêts, le versant sud est encore partiellement cultivé. Vers l’ouest le col de Naphal est occupé chaque automne par un vaste filet pour la capture des palombes. Le chemin qui monte en faisant des lacets est un très ancien chemin de transhumance.

C’est là vers 1780 que plusieurs paysans sans terre décident de s’installer. La Soule vit alors une véritable explosion démographique. La population a été peut être multipliée par 4 depuis le début du
XVIIème siècle. Les terres disponibles ne suffisent pas à nourrir cette population de plus en plus nombreuse. Sur les versants et dans les vallées les plus accessibles les occupations de terre et les
défrichements se multiplient. Les bordes isolées se transforment en maisons. Tout cela est plus ou moins légal et plus ou moins bien accepté par les maîtres des maisons déjà existantes. A Ordiarp, l’installation des cinq « colons » d’Arangorena suscite la colère des habitants, et plus particulièrement celle des familles les plus aisées qui envoyaient les troupeaux les plus considérables sur les versants des collines et à la montagne. Les terres défrichées étaient leurs terrains de parcours. Un procès est engagé. En 1783, les habitants d’Ordiarp se rendent en force sur les lieux pour abattre les clôtures. L’année suivante deux des usurpateurs se rendent à pied à Versailles demander au roi la propriété des terres défrichées. Est-ce pour le remercier que l’une des maisons est appelée « Erregia »: roi? Après plusieurs décennies de procès, les défrichements sont légalisés au milieu du XIXème siècle. Ces terres si disputées il y 200 ans étaient les dernières disponibles et donc les plus difficiles. Il fallait beaucoup de courage pour labourer ou récolter le fourrage sur ces pentes abruptes. Aujourd’hui une partie est retournée à la friche.

Robert Elissondo

Les anciennes forges de Larrau

Voilà un aspect bien oublié de notre passé. La Soule comme la plupart des vallées pyrénéennes a été un pays de mines et de métallurgie. Plusieurs filons de minerai de fer ont été exploités en Haute Soule : à Montory, Haux, Bostmendietta et Burkegi à Larrau. Entre 1740 et 1870 plusieurs forges ont fonctionné à Haux, Atherey, licq et la plus importante à Larrau.

A quelques kilomètres en contrebas du village, au bord du ruisseau sur la route d’Irati on devine cachés par la végétation, des vestiges de bâtiments. Il y avait là une véritable usine employant jusqu’à 150 personnes.

Des ruines enfouies dans la végétation. Voilà tout ce qui reste des forges de Larrau

La forge d’Udoipeia-c’est son véritable nom- a probablement commencé à travailler vers 1730-1740. Le minerai de fer provenait des montagnes de Haute Soule et était transporté à dos de mulet ou à dos d’homme. Le ruisseau fournissait l’énergie pour les martinets qui battaient le fer. Pour la fonte et le travail du métal, il fallait d’importantes quantités de charbon de bois. Celui-ci était produit dans les forêts des montagnes de Haute Soule par des dizaines de charbonniers. Avant la révolution, la forge consommait chaque année l’équivalent de 7 hectares de forêt!

Les méthodes de fabrication du métal sont au début très archaïques. Pendant des heures il faut chauffer le minerai avec des soufflets, marteler le produit de la fonte pour obtenir une petite masse de fer de mauvaise qualité. Des améliorations sont apportées progressivement. Peu avant 1789 un système de soufflerie beaucoup plus puissant fonctionne grâce à une chute d’eau. En 1836-1837 on construit un haut fourneau de 10 mètres de haut. Les gestionnaires de la forge font appel à des ouvriers qualifiés venus de Navarre, et plus tard de Franche-Comté. Une petite société très multiculturelle vit autour des forges. On y parle français et les divers dialectes basques. C’est dans ce milieu très ouvert que naît Clémence Richard (1830-1915) amie puis épouse de Lucien Bonaparte, et qui a participé à ses travaux sur la langue basque.

Malgré les améliorations techniques et la qualité de la main-d’oeuvre, la forge de Udoipeia n’a que rarement connu la prospérité. Les difficultés de l’exploitation était multiples : un minerai de qualité médiocre extrait loin de l’atelier, en montagne, dans des filons vite épuisés ; les caprices du climat : en 1800, un violent orage détruit le site. Le métal produit, en faible quantité, devait être acheminé à Tardets à 20 km de là à dos de mulet. L’arrivée du chemin de fer et des produits métallurgiques de la grande industrie moderne a vite eu raison des forges pyrénéennes. Celle de Larrau a cessé de fonctionner en 1870.

Source : site minier de Burkegi et site
métallurgique d’Udoipeia à Larrau
par Eric Dupré
et Christian Saint-Arroman dans la revue Ikuska n°6 1994

Pour une description précise du travail de la forge de Larrau avant la Révolution voir Description des gîtes de minérai et des bouches à
feu de la France
par M. le baron De Dietrich. 1786-1800. 3 vol. Voir tome 1 p. 447 et suivantes : description des minerais et forges de Soule et de Basse Navarre.

Robert Elissondo

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