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Etude, promotion et sauvegarde du patrimoine de la province de Soule en Pays Basque, de la préhistoire à nos jours

Archives du tag “église”

L’église de Montory

L’église Notre Dame de Montory domine le village qui l’entoure par sa hauteur et sa masse imposante. Elle est devenue une église fortifiée à la fin du Moyen Age, mais son origine est plus ancienne. Au cours de sa longue histoire, et jusqu’à une époque récente, elle a subi de nombreuses transformations.

Voir la présentation du monument par Robert Espelette.

Des personnes habitant Tardets nous ont confié un ensemble de documents d’un grand intérêt qui avaient appartenu à un jurat de la communauté de Montory au XVIIIe siècle. Nous y avons trouvé un contrat pour la restauration du décor intérieur de l’église daté de 1765.

Voir le texte du contrat de 1765 et la présentation par Robert Espelette.

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L’église de Larrau à travers les siècles

Vendredi 16 septembre à Larrau, devant un public peu nombreux, mais particulièrement intéressé, Valérie Steunou étudiante à l’université de Pau a présenté les résultats de son travail de Master sur le village et l’église St Jean Baptiste. Elle commence actuellement une thèse sur l’art gothique tardif dans les Pyrénées occidentales. Robert Elissondo a apporté quelques informations sur les chemins de Saint Jacques et leur réalité historique.
Voir le compte rendu de la conférence par Robert Elissondo

Joyaux romans de Haute Soule

La Haute Soule a conservé huit églises romanes. Elles sont distantes parfois de quelques centaines de mètres les unes des autres. Une telle densité est plutôt rare. Elle correspond à la structure de l’habitat : dans les fonds de vallée un semis de villages très rapprochés et parfois minuscules. Cette disposition se retrouve en Navarre et dans plusieurs vallées des Pyrénées : vallée d’Aure, ou en val d’Aran. Les petites chapelles romanes sont là bas aussi nombreuses.

La chapelle romane d’Alçabéhéty

En Haute Soule, à côté d’églises relativement grandes telles Sainte-Engrâce ou Haux, il existe des monuments plus modestes qui frappent le visiteur par l’unité de leur style, leur sobriété, leur intégration dans le paysage. Certains ont traversé les siècles presque intacts, d’autres ont été plus ou moins remaniés. Ils sont le témoignage du dynamisme de notre vallée au XIIe siècle et de son ouverture aux échanges humains et culturels. Une douzaine de membres de notre association ont visité ces petits villages avec leurs églises, le 3 juillet dernier. Ils croyaient les connaître, ils sont allés de surprises en découvertes. Voir l’article de Robert Espelette. Photos Allande Dascon

Robert Elissondo

Larrau, ses curés, ses églises

Deux siècles de la vie du village à travers l’histoire de ses curés.
Des hommes influents et aux fortes personnalités. En 1793, un vicaire de la paroisse règle à coups de poings une querelle avec ses paroissiens. Au milieu du XIXe siècle, l’abbé Onnainty est un curé
bâtisseur. Il fait agrandir l’église paroissiale, restaurer la chapelle Saint Joseph. Les habitants lui doivent aussi la construction de la route qui relie le village à Tardets.

Voir l’article 

Robert Espelette

Chemins et hôpitaux au Moyen-Age

Les Pyrénées ont toujours été une zone d’échanges. Après l’an Mil le flux des voyageurs et des marchandises augmente. Certes on est loin des milliers de camions et de voitures qui passent tous les jours en ce début de XXIe siècle sur la côte basque. Mais les caravanes d’ânes et de mulets, les chevaliers, les moines, les migrants venus parfois de loin traversaient les Pyrénées attirés par les richesses de l’Espagne, l’espoir de postes prestigieux ou d’une vie meilleure.

La vallée de Soule était-elle concernée par ces déplacements ?. Un certain nombre d’indices permettent de le penser. Les églises romanes sont nombreuses en Haute Soule. Des bâtisseurs venus de l’extérieur sont venus y travailler. Il y avait aussi des hôpitaux : l’Hôpital de Miséricorde (Hôpital-Saint-Blaise) et l’hôpital d’Ordiarp. Il en existait peut être d’autres près de Mauléon à Berraute et à
Larrau. En 1122, le roi d’Aragon Alphonse le Batailleur traverse le Béarn puis la Soule avant de se rendre dans son royaume de Navarre.
D’autres chevaliers ont certainement emprunté cet itinéraire. Beaucoup de ces voyageurs étaient considérés comme des pèlerins car ils visitaient les sanctuaires qu’ils trouvaient sur leur
route.

On croit aujourd’hui que ces hôpitaux ont été créés pour les pèlerins de Compostelle et que la Soule était traversée par un « chemin de saint-Jacques ». Les dernières recherches historiques démontrent qu’il n’en est rien. Ces pèlerins ont été en réalité beaucoup moins nombreux qu’on le croit et si certains sont passés en Soule c’est plutôt entre le XVIe siècle et le XVIIIe siècle. Une enquête de 1623 dit au sujet d’Ordiarp « ce lieu est à l’écart du chemin droit des pèlerins, [et] on n’y voit que de rares pèlerins venus du Languedoc ou de Toulouse ».

L’Hôpital-Saint-Blaise étape sur la route de piémont

La Soule a joué un certain rôle dans les échanges transpyrénéens au XIIe siècle et peut être au début du XIIIe. Mais par la suite, les flux se sont déplacés plus à l’ouest. Le développement de Bayonne et des ports de la côte basque, la construction de solide ponts de pierre sur les gaves Béarnais ont attiré les marchands et les autres voyageurs.
L’Hôpital-Saint-Blaise ou Ordiarp ne sont pas développés. Ils sont restés de modestes villages qui ont conservé leur église romane.

Pour aller plus loin :

L’Hôpital-Saint-Blaise, histoire, art et croyances sur les routes pyrénéennes du XIIe au XIXe siècle par Robert Elissondo, éditions Atlantica 2009.

R.E.

Découverte de peintures baroques à l’église d’Espès

Samedi 8 mars, à l’initiative de l’association des amis du Musée basque de Bayonne, une cinquantaine de personnes ont pu visiter l’église d’Espès au milieu de ses travaux de restauration. On a pu admirer une partie du plafond de bois couvert de peintures dont personne, jusque là, ne connaissait l’existence.


La petite église était auparavant décorée de grandes bandes de toile peintes qui lui donnaient un air de théâtre. Lorsqu’on a commencé à déposer ces tissus pour restauration, on s’est aperçu que derrière il y avait ces peintures.


Elles représentent les moments les plus importants de la vie du Christ. Elles ont manifestement une mission pédagogique : instruire le peuple des vérités de la foi. On peut voir aussi une représentation très curieuse du soleil et de la lune. La date proposée est le début du XVIIème siècle. C’était une époque de restauration du culte catholique après les guerres de religion. Les églises abandonnées ou pillées étaient à nouveau meublées et décorées.

Détail du plafond de bois peint de l’église paroissiale d’Espès. début du XVIIème siècle.

Quelques détails suggèrent aux spécialistes que ces peintures ont été fortement inspirées par l’ordre des Jésuites. Le personnage assis au premier plan à la table du dernier repas de Jésus ressemble beaucoup à un mandarin chinois. Or les Jésuites ont tenté de convertir la Chine, et certains se sont fortement imprégnés de sa culture millénaire.


Pourquoi a-t’on caché ces peintures ? Mme Edith Imbert, notre guide ce jour-là, a relié ce mystère à l’expulsion des Jésuites, décidée en France en 1764. Les peintures rappelaient trop leur présence et on les a masquées par des toiles pour les faire oublier plus vite.


Les planches qui couvrent le plafond et constituent le support à la peinture ont besoin d’une restauration : elles sont déposées une par une pour être consolidées. Le maire de la commune espère que le chantier sera terminé à la fin de 2008 et que le public pourra alors admirer l’oeuvre dans son intégralité. Nous souhaitons à la municipalité nouvellement élue du courage et de la détermination pour hâter la fin des travaux et mettre au point une mise en valeur digne de la qualité de cette oeuvre qui enrichit singulièrement le patrimoine de la Soule. Les toiles seront restaurées aussi et présentées dans la nef. Rappelons que dans la même commune, l’église d’Undurein possède un retable du début du XVIIIème siècle du plus grand intérêt et qui a bénéficié comme le décor intérieur d’Espès d’une mesure de classement par l’administration des Monuments historiques.


R.E.

La coupole hispano-mauresque de l’Hôpital-Saint-Blaise

L’église de l’Hôpital Saint Blaise s’élève au milieu d’un minuscule village entouré de bois. C’était à l’origine une halte sur un chemin qui reliait Oloron à la Basse Navarre par la Soule. Ce chemin était aussi utilisé par les chevaliers, les marchands, les migrants qui se rendaient en Espagne. La plupart étaient aussi des pèlerins qui faisaient halte dans les sanctuaires situés à proximité de leur chemin. La construction du monument a débuté vers 1148 et s’est achevée au début du XIIIème siècle.  C’est donc la plus tardive des églises romanes de Soule. Malgré sa petite taille elle est un témoignage précieux des influences artistiques qui se rencontraient sur les chemins entre la France et la péninsule ibérique. C’est ce qui a justifié son classement au Patrimoine mondial de l’humanité en 1998.

La coupole comme d’autres éléments architecturaux de l’église rappelle l’art de l’Espagne médiévale, une Espagne qui était alors divisée entre Islam et chrétienté. Le modèle original est une coupole de la Mosquée de Cordoue édifiée au Xème siècle. D’autres édifices ont copié ce modèle, d’abord des mosquées, puis des églises. Que pouvait évoquer pour ses bâtisseurs cette coupole ornée de huit arcs entrecroisés? Ils ne pensaient probablement ni à Cordoue ni à Saint-Jacques. Peut être s’agit-il d’une référence à Jérusalem et au Saint sépulcre. On y trouve aussi une coupole ouverte à son sommet. Les huit arcs évoqueraient la résurrection.

Robert Elissondo

La chapelle de Berraute à la fin du XIXème siècle

Au milieu du cimetière de Mauléon on peut encore voir aujourd’hui la chapelle de Berraute, vestige de ce qui fut l’ancienne église paroissiale. C’était peut être à l’origine, un relai sur le chemin qui reliait le Béarn à la Navarre en passant par la Soule.

Possession des hospitaliers peut être depuis le XIIIème siècle, puis de l’ordre de Malte. Au XVIIème siècle, on trouve la mention d’une commanderie « Saint Blaise des Monts » qui est en fait un autre nom pour la commanderie de Berraute. A côté de l’église se trouvait l’hospice devenu plus tard l’hôpital général Saint Louis en 1715, puis l’hôpital de Mauléon.

Comme on peut le voir sur la photo, le bâtiment est déjà très dégradé à la fin du XIXème siècle. Il est démoli en 1910, à l’exception du choeur. Ce bâtiment attend encore aujourd’hui une affectation définitive.

Robert Elissondo

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