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Etude, promotion et sauvegarde du patrimoine de la province de Soule en Pays Basque, de la préhistoire à nos jours

La Soule « française ». Les années de cendre et de sang (XVe-XVIIe siècle)

A la suite de péripéties complexes, la Soule est définitivement réunie au domaine du roi de France en 1512. C’est la plus petite province du royaume, la plus éloignée du centre du pouvoir. Elle est entourée du royaume de Navarre et du Béarn qui étaient alors indépendants. Bien qu’elle comporte plus de cinquante villages et bourgs, elle reste faiblement peuplée : pas plus de 4000 habitants. La seule ville de la vallée, Mauléon, ne dépasse pas 350 habitants. Les famines et les épidémies frappent régulièrement. Au milieu du XVIème siècle, on se souvenait encore de la peste qui avait ravagé Mauléon et ses environs en 1463.

La Soule province frontière, subit les contrecoups de tous les conflits qui agitent le nord de l’Espagne et le sud de la France pendant plus d’un siècle. Les luttes entre les clans nobiliaires du royaume de Navarre à la fin du XVe siècle entraînent un certain nombre de violences. La chanson et la stèle de Berterreche en sont aujourd’hui encore d’émouvants témoignages. Mauléon et la Soule sont envahis à la fin de l’année 1523 par une puissante armée espagnole. Le roi de France et la famille d’Albret propriétaire de la couronne de Navarre et du Béarn s’affrontaient alors l’Espagne.

Dans la deuxième moitié du XVIe siècle les guerres de religion ont des conséquences dramatiques. Mauléon est une des premières villes du sud ouest où on signale la présence de « luthériens ». Ils sont nobles, marchands, hommes de loi. Ils sont l’objet d’une répression très dure de la part des autorités. En mars 1568, une émeute populaire s’en prend aux protestants de Mauléon et de Montory. Mais ceux ci ont un puissant allié en la personne de Jeanne d’Albret reine de Navarre, protestante convaincue. Elle tente de convertir ses sujets Béarnais et Navarrais. Elle envoie une puissante armée contre ses sujets révoltés.
La Soule comme le Béarn ou la Gascogne est victime du passage des troupes. Mauléon et la plupart des villages environnants sont incendiés. Le peuple se réfugie dans les montagnes. Les années 1568-1569 sont certainement les plus violentes de l’histoire de notre petite province.

La Soule déchirée par le conflit religieux, est restée très majoritairement catholique. L’évêque d’Oloron et son chapitre se réfugient à Mauléon pendant 40 ans. Des villages comme Barcus ou Tardets, des familles nobles comme les Luxe ou les Maytie animent la résistance du parti catholique. Une légende raconte que Pierre de Maytie aurait démoli de ses mains la chaire ou prêchait un évêque gagné aux idées de la Réforme. Son fils Arnaud de Maytie devenu évêque d’Oloron lutte avec énergie pour le rétablissement du culte catholique.

charte Henri IV

Confirmation de privilèges par Henri IV aux habitants de Moncayolle

Pendant ces temps troublés la Soule apparaît comme une province relativement rebelle à l’autorité. Les « émotions » et révoltes populaires sont nombreuses. Elles éclatent à l’annonce de nouveaux impôts. On en signale en 1539, 1631 ou 1646. La plus importante a lieu en 1661 : plusieurs centaines de villageois dirigés par le curé de Moncayolle surnommé Matalas, prennent les armes, tiennent le pays pendant trois mois avant d’être écrasés par une armée royale. Cette révolte sans lendemain est cependant restée dans la mémoire des Souletins jusqu’à aujourd’hui.

R.E

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