IKERZALEAK

Etude, promotion et sauvegarde du patrimoine de la province de Soule en Pays Basque, de la préhistoire à nos jours

Occupation et Résistance 1940-1944

Après la défaite de 1940, la Soule comme beaucoup d’autres régions de France doit vivre avec la pénurie, l’inquiétude sur le sort des prisonniers de guerre, l’arrivée de réfugiés venus de Lorraine. La vallée devient une zone de passage pour tous ceux qui veulent fuir l’Europe occupée. Dès la fin de 1940, des ouvriers, des commerçants des paysans et des bergers deviennent passeurs. Peu à peu ce sont de véritables réseaux qui se constituent : plusieurs milliers de combattants de la France Libre, d’aviateurs, de Juifs leur doivent la liberté.

Mauléon et Tardets se retrouvent dans la zone non occupée et sous l’autorité du régime de l’État français. Dans les premières années celui ci peut compter sur l’appui des notables de la région. Ceux-ci regardent avec méfiance la population ouvrière de Mauléon d’origine espagnole. A la fin de 1942 c’est l’occupation directe par les forces allemandes et avec elle l’atmosphère se tend. Les habitants doivent s’habituer à la présence de soldats qui défilent dans les rues de Mauléon, logent dans un hôtel et une partie du collège catholique. A Tardets la garnison est forte de plusieurs dizaines d’hommes : douaniers, gendarmes, agents de la gestapo. La répression contre les passeurs, les militants politiques, les premiers actes de résistance devient brutale.

La résistance peu à peu s’organise. Elle regroupe des personnes d’origine très diverses : militants ouvriers et syndicalistes, notables patriotes qui ont cessé de croire en Pétain, paysans, réfugiés. On peut citer le syndicaliste Jean Pierre Hégoburu, l’instituteur Jean Pierre Champo, les abbés Lacoste et Ithurbide, Clément de Jaureguiberry et l’industriel Pierre Béguerie. Deux organisations se constituent : l’une dépend de l’Armée secrète, l’autre plus militarisée, du Corps-franc Pommiès. Des divergences les opposent sur les moyens de participer à la libération. Mais chacune y contribue. Les forces allemandes sont malmenées, les accrochages tournent parfois à des opérations de grande ampleur. Le 11 août 1944 cinquante soldats allemands sont capturés à Mauléon, le 25 août 1944 c’est toute la garnison de Tardets qui doit se rendre : 150 hommes fortement armés. La population civile a parfois payé chèrement la libération. Le 27 juin L’Hôpital saint Blaise est victime d’une rafle. Le bourg de Barcus est encerclé à son tour le 10 juillet. Mauléon est bombardée le 12 août.
Plusieurs dizaines de personnes meurent fusillées ou en déportation. Mauléon a gagné sa croix de guerre 1939-1945. Mais c’est la Soule toute entière avec ses passeurs, ses maquisards, les hommes et les femmes qui les ont aidés, ses martyrs, qui l’aurait méritée.

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Défilé des maquis de Soule aux Allées de Mauléon, le  25 août 1944

R.E.

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