IKERZALEAK

Etude, promotion et sauvegarde du patrimoine de la province de Soule en Pays Basque, de la préhistoire à nos jours

Archives de la catégorie “Culture”

Pastorales de femmes en Soule

Pastorale AlienorLa pastorale en Soule est une des rares formes de théâtre populaire qui se perpétue et se renouvelle depuis au moins deux siècles et demi. En avril-mai 2014, Jean-Michel Bedaxagar montait une pastorale intitulée Akitaniako Alienor dont les actrices étaient exclusivement des femmes. Une nouveauté? Non.

Maider Bedexagar explique que les pastorales de femmes sont presque aussi anciennes que celles interprétées par des hommes.  Voir son article

 

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Les femmes dans la littérature à travers les siècles

Anna AkmatovaPour Ikerzaleak, le Patrimoine en Soule ne connaît pas de limite. L’exposition « Les femmes dans la littérature à travers les siècles » réalisée par D. Cassard et A. Lahore est actuellement présentée au magasin Leclerc culture à Oloron.

 

Anna Akmatova par Natay Altman, 1915

 

Voir l’exposition en PDF : attention fichier de  9 MO

Que savons-nous de Benat Mardo ?

Hélas ! la poésie de cet improvisateur extraordinaire a été malheureusement perdue, ce qui désole Chaho, exagérant en déclarant que « 20 volumes ne contiendraient pas ses œuvres s’il avait eu un sténographe avec lui dans les séances poétiques qu’il donnait en toute occasion » (selon son livre Biarritz, 1855, chapitre Les Bardes p.155), toutes ces oeuvres étant perdues parce que non publiées et seulement confiées à la mémoire de ses auditeurs (selon( Chants Populaires du Pays Basque , Sallaberry, 1870) Sallaberry, dans son livre Chants populaires du Pays Basque, 1870, p.409).

Mais ce n’est qu’en cet été 2012 que Joël Larroque trouve plus de renseignements sur la situation familiale et professionnelle de Beñat MARDO grâce à la mise en ligne internet des registres paroissiaux par les Archives Départementales des Pyrénées Atlantiques.

Voir son article

Chants populaires du Pays basque

Notre appel à ne pas laisser se perdre les archives privées commence à être entendu, et parfois loin de notre territoire. Mr Jean Pierre Loge, dont la famille est originaire de Barcus, mais qui habite en Normandie a fait don à notre association d’un exemplaire de Chants populaires du Pays basque de Jean Dominique Julien Sallaberry (1837-1903). Il s’agit d’un exemplaire de la première édition de 1870, signé de l’auteur.

Voir la présentation de l’ouvrage par Robert Elissondo

Le livre à travers les âges

Ikerzaleak a participé à la première édition de la Journée du livre à Mauléon, le 17 mars 2012, en présentant une exposition sur l’histoire du livre, ainsi qu’un choix de magnifiques ouvrages anciens issus de diverses collections privées. La Bibliothèque de la famille de Maytie est un des trésors méconnus du Patrimoine de la Soule. On peut y trouver un collection de livres précieux, du XVeme au XIXeme siècle.

Voir la présentation de la Bibliothèque de Maytie dans notre exposition

Pierre Topet Etxahun (1786 – 1862)

Au congrès de la tradition basque en 1897, Charles Bordes évoque ce personnage : « improvisateur digne du nom de poète, assez mauvais sujet, a composé des centaines de chansons satiriques. J’ai nommé Topet Etxahun de Barcus, célèbre dans toutes les auberges du Pays basque… et même au tribunal de Saint Palais ».

Poète populaire donc à l’état brut. Si les bourgeois l’ont ignoré, le peuple a transmis ses chansons jusqu’à nous. Il y a la légende: écrits du père Lhande en 1923, de l’abbé Picochet. la pastorale de 1953 s’est inspirée de ces écrits et de la mémoire populaire souvent infidèle.

Il faudra attendre la remarquable thèse de Jean Haritschellar en 1968 pour mieux connaître la réalité.

Vous allez de Barcus à la Madeleine et à Tardets. Quelques kilomètres, un pont à gauche et une rude montée. Un kilomètre plus haut une plaque. Ici à gauche était la maison de Pierre Topet : Etxahunia ( la bonne maison).

A écouter ses longs et superbes poèmes autobiographiques, il fut un malheureux, un maudit, mal aimé de toute sa famille « Amak idor bihotza bai eta thitia » «mère au coeur sec, et le sein aussi ». Traité comme un « bastart » (batard en béarnais), forcé à travailler durement malgré sa faiblesse. On l’obligea à quitter celle qu’il aimait sous la menace de le déshériter. Bref, le malheureux des
malheureux!

Il eut une vie tumultueuse, désordonnée, violente : un mariage forcé ; un coup de hache ; un coup de fusil ; une affaire de faux louis ; la grange de son ennemie brûlée ; les tribunaux de Saint Palais et de Pau : la prison ; le faux testament ; les fuites ; les pèlerinages ; une vieillesse errante.

A côté de ses longues élégies, il a produit des chants ironiques, satiriques. Son esprit plein de finesse y envoie son venin. Mais il y a parfois de la gentillesse.

La grande obsession de sa vie : être un personnage important un « primu » (héritier), maître d’une maison, propriétaire respecté.

En 1953 Lohidoy fut le « sujet » (rôle principal) de la pastorale consacrée à Etxahun. J’aimais beaucoup : « un sauvage chanté par un « sauvage ».
J’entends par « sauvages » ces fleurs qui poussent dans les champs et dans les bois, sans soin, et qui sont si belles miraculeusement.

Un grand poète paysan chantant pour son peuple.

Le paysage que pouvait voir de chez lui Pierre Topet Etxahun.

Pour aller plus loin

Etxahun Barkoxe du poète populaire au mythe littéraire de Jean Casenave

http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/06/54/89/PDF/Etxahun-Barkoxe.pdf

Les poèmes de topet Etxahun en texte intégral dans le site Bertso eta olerkien hemeroteka (en basque uniquement)

http://urkiza.armiarma.com/cgi-bin/urkiza/EBMODEGI.pl?Letra=T&Egile=6131

P.P. Dalgalarrondo

Journées du Patrimoine : hommage à Etxahun Barkoxe et Etxahun Iruri

Dans le cadre des Journées du Patrimoine, IKERZALEAK a rendu hommage à deux grands « créatifs » : Etxahun-Koblakaria et Etxahun-Iruri.


Pierre Bordazarre dit Etxahun Iruri


La soirée était plus particulièrement dédiée à ce dernier, qui aurait eu 100 ans cette année, mais il était difficile de parler de l’un sans évoquer l’autre. Pour sa part, P.Paul Dalgalarrondo a fait revivre avec passion et talent Etxahun-Barkoxe. Jean Lougarot a retracé la vie d’Etxahun-Iruri avec le regard particulier de l’AMI et du complice,  complété par le précieux témoignage du fils, Allandou Bordaçarre. Une mention particulière pour les chanteurs de Xiberuko Zohardia et le duo Michel Arotce Michel Etchecopar.


Lire le texte de l’intervention de Jean Lougarot

R . Espelette

Colloque sur le poète Jean de Sponde (1557 – 1595)

C’est à l’initiative de Véronique Duché, Philippe Chareyre de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, UFR de Lettres, à Pau, en lien avec les associations Eusko Ikaskuntza de Bayonne, Ikerzaleak de Mauléon et la mairie de Mauléon, que se sont déroulées à Pau et Mauléon, deux journées de colloque universitaire sur la vie et l’œuvre de Jean de Sponde (né à Mauléon en 1557 et mort à Bordeaux en 1595).

Homme politique protestant du temps des guerres de religion du XVIème siècle, agent d’Henri III de Navarre qui devint le roi Henri IV de France et dont il suivit l’exemple en se convertissant au catholicisme, Jean de Sponde est plus connu dans les pays protestants du Nord que chez les catholiques du Sud.

Son œuvre littéraire reste mal connue, que ce soit ses traductions et commentaires savants d’Homère et d’Hésiode, ou ses poèmes : Méditations sur les psaumes, Chansons mises en musique par  L’Estocart en 1581-83 ; Poèmes chrétiens ; stances de la mort en 1588 ; ses 26 sonnets d’Amour. Il a rédigé aussi des ouvrages de théologie : Response d’un catholique apostolique romain au protestant ; Déclaration des principaux motifs  qui induisent le sieur de Sponde… à s’unir à l’Eglise en 1595.

Sponde et son œuvre ont été reconnus depuis les recherches et publications de ses œuvres littéraires par l’Anglais Alan Boase à Genève en 1978, d’autres chercheurs comme Thierry Maulnier et Marcel Arland se sont penchés sur cet auteur baroque du XVIème siècle, comme ceux des universités de Zurich et d’Oxford, de Padoue et même de Rimouski, et, en France, de Paris, Lyon et Reims,  Clermont-Ferrand, Grenoble et de Savoie, de Tours et Poitiers, de Bordeaux et Nice et de l’UPPA à Pau.  Mais aussi dans son Pays basque d’origine puisque le professeur Jean-Baptiste Orpustan éditait ses poèmes en traduction basque sous le titre : Ezponda euskal neurthitzetan  (éditions Izpegi de Baïgorry en 1995).  Et, à Mauléon, sa ville natale où l’on trouve une rue Sponde depuis 1904, l’association Ikerzaleak avec le Collège St-François en faisait un sujet de conférence dans le cadre des journées du Patrimoine en septembre 2003. Pour célébrer le 450ème anniversaire de sa naissance à Mauléon, l’association des Amis du château en faisait un sujet de scène lors de sa reconstitution historique Herria en août 2007.

Le samedi 15 mars 2008, le colloque Sponde s’est déplacé à la mairie de Mauléon qui est l’ancien hôtel de Montréal bâti vers 1650-60 sur les ruines de la maison de Guicharnaud où naquit Jean de Sponde en 1557.

Joël Larroque

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